đŸ—Łïž TĂ©moignage n° 5

Une histoire personnelle : la protection

« En 2006, j'ai été témoin d'un AVP [accident sur la voie publique]. J'ai vu les quatre occupants de la voiture s'enfuir, j'ai appelé les pompiers car le véhicule était sur le toit en travers, en plein milieu des deux voies sur un axe trÚs passant... J'ai attendu sur place les pompiers et les gendarmes à qui j'ai laissé mon témoignage.

AprÚs leur départ, je me suis rendue à mon véhicule. L'un des pompiers m'a appelé car il avait trouvé des papiers à l'intérieur du véhicule accidenté et voulait que je confirme s'il s'agissait ou non d'une des personnes ayant fuit, il s'inquiétait d'éventuels blessés.

Je me suis retrouvée à cheval entre les barriÚres de sécurité. Alors que nous discutions, un véhicule est arrivé à vive allure et malgré les efforts du conducteur, il n'a pas pu éviter et a fauché le pompier qui était avec moi, avant de s'encastrer dans le véhicule de secours et finir sa course folle écrasé contre les pilliers du pont nous faisant face.

Cette action a duré quelques secondes mais j'ai eu l'impression que c'était une éternité.

Comme le véhicule était passé à quelques centimÚtres de ma jambe, je suis restée tremblante et stoïque. Le temps s'était figé et je revoyais en boucle tout ce qui venait de se passer...

Les cris de douleur et les appels à l'aide ont fini par me sortir de cet état de choc. Spontanément, j'ai bondi par-dessus la barriÚre et me suis immédiatement dirigée vers le pompier blessé. J'ai écouté ses consignes et les ai suivies à la lettre.

J'ai de nouveau appelé les secours et expliqué le suraccident, dans l'attente de leur arrivée, en leur dressant un bilan le plus complet. Je me suis occupée du pompier au sol blessé au bassin et aux jambes, du pompier coincé à l'arriÚre du véhicule de secours accidenté et aussi des quatre occupants du véhicule en cause.

Les trois vĂ©hicules impliquĂ©s avaient laissĂ© beaucoup de dĂ©bris au sol et la circulation a commencĂ© Ă  ĂȘtre ralentie, empĂȘchant les secours d'arriver rapidement. J'ai donc aidĂ© comme j'ai pu en pratiquant les gestes de premiers secours jusqu'Ă  leur arrivĂ©e.

Heureusement, avec mon aide, le pompier dans le vĂ©hicule a rĂ©ussi Ă  s'en extraire. Malheureusement, le jeune conducteur du vĂ©hicule sous le pont est dĂ©cĂ©dĂ© et ses amis griĂšvement blessĂ©s ont dĂ» ĂȘtre dĂ©sincarcĂ©rĂ©s. Quant au pompier au sol, je suis restĂ©e avec lui jusqu'Ă  son Ă©vacuation Ă  l'hĂŽpital.

Quelques jours plus tard, j'ai été contactée par les secours, le pompier hospitalisé était sorti d'affaire et souhaitait me revoir, pour me remercier de vive voix. Je m'y suis rendue et eu la surprise de voir un homme au mental de fer, passionné par son métier, qui n'avait qu'une hùte, celle de repartir secourir. Il tenait encore une fois à faire reconnaßtre mon courage et ma réactivité, alors j'ai été conviée par sa caserne à un pot de remerciements.

Je l'ai recroisé quasiment dix ans plus tard et, malheureusement, suite à ses blessures, il n'a pas pu retourner sur le terrain. Il s'est naturellement tourné vers la prévention et est devenu président de l'association des pompiers de sa ville. Il m'a exprimé de nouveau sa gratitude car, pour lui, tout aurait été différent si je n'avais pas été là et réagi comme je l'avais fait.

J'ai été hantée par ces bruits, ces images et ces odeurs durant plusieurs mois. Aujourd'hui, je me suis détachée de ces sentiments mais sur le coup, c'était intense et stressant. Je suis encore plus admirative car eux continuent chaque jour malgré ces images, ces odeurs, la détresse... Bravo à tous ces anges gardiens !!! »

âžĄïž LA LEÇON À RETENIR : Il faut toujours rester vigilant đŸ‘€âš ïž et bien se protĂ©ger pour Ă©viter le suraccident, mĂȘme en prĂ©sence des secours. Le citoyen est un acteur majeur : restons unis